28. Reprendre le flambeau du libéralisme

david_jeu_de_paume

Le libéralisme est en soi une belle et noble philosophie. Issu des Lumières, il est basé sur l’émancipation de l’individu, indissociable des libertés publiques. Il est par nature incompatible avec le nationalisme. Il valorise l’esprit d’entreprendre et le travail. Il va de pair avec la solidarité : produire de la richesse doit servir à compenser les inégalités.

A ce titre : oui, nous sommes des libéraux, au sens authentique du terme. Assumons-le. Il n’est même pas besoin de préciser que nous sommes libéraux « sociaux » puisque le libéralisme, le vrai, est par nature intrinsèquement social.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, le libéralisme a mauvaise presse, pour de bonnes raisons. Le libre-échange, c’est indéniable, a été dévoyé en capitalisme financier. Si les richesses s’accroissent globalement, les inégalités ont quant à elle explosé, au point de provoquer des écarts de rémunérations, de chances de vie qui ne sont plus tolérables, et qui ne peuvent se résoudre par une mondialisation non-régulée.

De nombreux courants s’affirmant « libéraux » sont en réalité, aujourd’hui, néolibéraux et conservateurs – et ce malgré la mobilisation ponctuelle d’un discours centriste lorsque besoin en est. Certains « libéraux » estiment même acceptable de gouverner avec des forces nationalistes et populistes, au point hélas, à plusieurs occasions, de cautionner certaines atteintes portées aux libertés publiques et aux droits fondamentaux. Le courant conservateur et néolibéral a évidemment droit de cité dans notre vie politique ; mais il est de notre devoir de nous élever lorsqu’il tente de se faire passer pour plus libéral qu’il ne l’est.

Entre ceux qui veulent perpétuer la mainmise de la finance, et ceux qui rêvent d’illusoires tables rases nous disons que :

  • Le principe de l’économie de marché est positif ; il constitue à ce jour le modèle le plus apte à créer de la richesse et à la redistribuer. DéFI continuera à soutenir ceux qui produisent de l’activité, en particulier les PME et les indépendants, tissu premier de notre économie.
  • En revanche, chacun peut constater les dégâts que produit une mondialisation dérégulée. Il faut réguler ce capitalisme, le remettre sur des rails vertueux.
  • Il ne peut être question de se revendiquer « libéral » dès qu’on s’allie avec des forces incarnant le repli identitaire, nationaliste et xénophobe, même avec le plus libéral des programmes économiques.
  • Le libéralisme implique une ouverture progressiste sur les matières éthiques et de mœurs. Il est, par exemple, profondément contradictoire de se revendiquer libéral et de laisser la liberté de vote à ses mandataires sur les matières éthiques. Le libéralisme va de pair avec une des avancées décisives en matière éthiques, comme le droit à l’avortement ou l’euthanasie.

One thought on “28. Reprendre le flambeau du libéralisme

  1. Cher François,

    Tout ceci me semble très vrai, mais me paraît ne pas pouvoir faire l’économie d’indispensables prolongements pour tout qui apprécie en vous le philosophe au moins autant (je veux dire: soit autant soit davantage) que l’homme politique.
    Par exemples…
    . Sur un plan (ici trop?) philosophique, votre approche du libéralisme ne gagnerait-elle pas -simple questionnement de ma part- à s’inspirer plus encore de deux de ses plus récents contributeurs: John Rawls (même si certains n’hésitent plus, parfois même avec des arguments forts, à le présenter comme aussi dépassé que la social-démocratie qui l’inspirait tant) et surtout Amartya Sen (l’économie recentrée sur l’éthique, elle-même renvoyée à la liberté réelle des « capabilités »)?
    . Sous un angle plus politique, comment, si l’on vous suit, éviter d’avoir demain, à assister au grand retour (pour faire simple) d’un épisode historique à la Reagan/Thatcher, soit l’arrivée au pouvoir par voie démocratique de grands dérégulateurs qui initient un processus appelé (c’est en tout cas ma grille de lecture) à déboucher sur un crash économique majeur?
    . Du côté de la philosophie politique, ne conviendrait-il pas de conceptualiser, de préciser et finalement d’appliquer quelque chose comme un système de séparation des pouvoirs élargis (le législatif, l’exécutif, le judiciaire, mais aussi le financier dans la mesure où, manifestement, il influe tant, dorénavant, sur le politique, ne serait-ce qu’en en faisant structurellement son débiteur (sans que personne ne se demande jamais si ce politique ne pourrait pas se mettre en position -pour le présenter ici beaucoup trop brièvement et au risque de paraître verser dans le simplisme- de taxer davantage ceux-là mêmes -et ceux-là seulement- auxquels il doit tant d’argent)?

    En toute modestie.

    Christophe Engels
    http://projetrelationnel.blogspot.com/2011/06/les-deux-visages-du-liberalisme.html

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