24. Hontes…

turquie

Honte à la Turquie d’Erdogan, d’abord et avant tout, pour l’invasion de cette zone nord de la Syrie et cette attaque inqualifiable contre les Kurdes ayant pourtant, durant des années, combattu vaillamment contre Daech. Les victimes sont déjà nombreuses, et tout indique que cela empire d’heure en heure.

Honte aux Etats-Unis de Donald Trump, qui se retirent de manière irresponsable de cette zone, au mépris non seulement des vies sur place, mais aussi d’un manque de vision stratégique inouï vis-à-vis des combattants de Daech et des membres de leurs familles détenus dans les camps par les Kurdes, et qui risquent de se retrouver dans la nature.

Et puis, hélas, honte à nous, Européens, qui sommes passés d’impérialistes colonisateurs durant des siècles à spectateurs passifs des malheurs du monde, impuissants à nous coaliser pour agir. Comme si un entre-deux entre tout contrôler et tout subir était impossible. Nous sommes un géant économique avec des pieds d’argile politiques. Nous n’osons pas assumer notre rôle sur la place mondiale. Nous perdons note temps et notre énergie dans des querelles de division stériles, comme le Brexit, ou l’une ou l’autre région jamais satisfaite de son autonomie, parce que malgré deux guerres mondiales générées par l’identitaire et le nationalisme, nous ne sommes toujours pas guéris de ce besoin absurde de préférer ressasser des identités plutôt que développer des projets. Et dès lors, nous sommes faibles, et ne pesons plus sur les enjeux géopolitiques, même s’agissant de violations graves du droit humanitaire commises à nos portes par un pays proche partenaire et membre de l’OTAN.

Impuissance que nous partageons, hélas, même comme parlementaires. La semaine passée, en commission, nous étions plusieurs à avoir interpellé le ministre des affaires étrangères, et entendu de sa bouche une condamnation claire et une demande par la Belgique de convocation immédiate du conseil de sécurité des Nations-Unies.

Mais c’est évidemment insuffisant. Avec d’autres partis, DéFI soutiendra prochainement une résolution demandant entre autres que l’OTAN fasse pression sur la Turquie afin d’arrêter son offensive, d’envisager des sanctions économiques pour y parvenir, de déployer une force de stabilisation sous l’égide des Nations-Unies, et de régler le sort des djihadistes belges se trouvant encore sur place en les ramenant et les jugeant chez nous dans des conditions dignes de l’état de droit, comme l’ont demandé l’OCAM et le Parquet fédéral, dans l’intérêt de la sécurité des Européens.

C’est peu, mais nous ne lâcherons pas sur ce sujet, même avec un gouvernement minoritaire en affaires courantes.

Et cela permet aussi de rappeler ceci : s’il y avait une seule bonne raison d’enfin se mettre à table pour former un gouvernement, ce serait la nécessité d’assurer notre rôle, aussi modeste soit-il, dans l’équilibre mondial. Nous sommes pays hôte et fondateur de l’Union européenne, de l’OTAN, nous serons parmi les premières victimes du Brexit, nous sommes le cœur de l’Europe et nous siégeons au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Il n’y a plus de temps à perdre.

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