#17. La santé ne doit pas devenir un luxe

sante_dossier

J’ai représenté coup sur coup Défi à deux débats portant sur notre système de santé, organisé par des organisations de praticiens ou de terrain.

Freud disait qu’il y a trois métiers impossibles : soigner, enseigner et gouverner, parce que dans ces trois domaines une part d’échec est inévitable, et qu’on en a jamais fini. Ce sont trois professions qui enregistrent des hauts taux de burn out.

Il est frappant de constater l’inquiétude du milieu médical pour la pérennité dus système de soins en Belgique, pourtant considéré comme l’un des meilleurs au monde. Sa pérennité et – surtout – son accessibilité.

Quelques constats :

  • environ 8 % des ménages belges déclarent avoir dû reporter des soins pour raisons financières – soins médicaux, chirurgie, soins dentaires, médicaments sur prescription, soins de santé mentale, lunettes ou lentilles de contact.
  • d’après une récente étude de CLIMACS, 56% des jeunes médecins travaillent plus de 60 heures/semaines et 56% estiment avoir déjà eu conscience, pendant un stage, de ne plus être en état de poser un diagnostic ou un acte clinique.
  • Le gouvernement a appliqué une logique comptable, rationnelle, et donc brutale dans ce secteur. Sa réforme des hôpitaux en bassins, si elle est certes compréhensible dans son esprit, a cruellement manqué de concertation.

 

Quelles sont nos propositions pour sauvegarder notre système de santé et améliorer son accessibilité ?

  • Supprimer le numerus closus d’agrément INAMI et gérer l’offre médicale de manière cohérente

Les délais d’attente pour parvenir à certains spécialistes augmentent.

Le lien entre nombre de médecins et coût de la médecine n’a jamais été clairement établi. En revanche il y a une corrélation entre le nombre de médecins et le coût du système de santé ; si le nombre de médecins diminue, le nombre de malades peut augmenter. Et une pénurie de médecins généralistes amène une augmentation du nombre de malades et donc des coûts. Et malgré cela, comment le gouvernement limite-t-il les dépenses ? En limitant le nombre de médecins. Avec en plus une base arbitraire de 60/40 sans cadastre. Dans notre philosophie, limiter l’offre médicale n’est justifiable que si on démontre que un grand nombre de médecins a un impact sur la qualité des soins. Ce qui intellectuellement pourrait se concevoir, par exemple s’il y a tellement de médecins qu’on n’arrive plus à se former, à rester au niveau, comme un pilote de ligne. Mais ce n’est pas du tout la situation actuelle.

Nous souhaitons aussi un cadastre des médecins mis à jour, l’affectation provisoire de numéros INAMI, aider au niveau régional l’installation de médecins généralistes dans les zones rurales, et aider les jeunes médecins en faisant respecter la loi réglementant le temps de travail.

  • Garantir l’accès à un poste médial de garde sur l’ensemble du territoire, qui sont très utiles en Wallonie dans les zones rurales

Couvrir tout le territoire (un poste pour environ 400.000 habitants – passés à 300.000 dans l’accord médico-mutualiste) en termes de postes médicaux de garde.

  • Diminuer le maximum à facturer en commençant par les revenus les plus faibles

Le maximum à facturer varie en fonction du revenu net imposable du ménage perçu 3 ans auparavant. Les mutualités tiennent à jour les frais médicaux de leurs membres. Si ces frais  dépassent le montant maximum de l’année en question, les mutualités les remboursent automatiquement, une fois par mois. Les affiliés n’ont rien à faire : le plafond applicable est fixé par un échange d’informations entre l’Inami, la mutualité et l’administration fiscale.

Voici les plafonds en vigueur en 2019 et les modifications que Défi entend y apporter :

Tranches de revenus Plafonds actuels Proposition de Défi
de 0,00 à 19.003,89 EUR 477,54 EUR 300,00 EUR
de 19.003,90 à 29.214,93 EUR 689,78 EUR 600, 00 EUR
de 29.214,94 à 39.426,00 EUR 1.061,20 EUR 1.000,00 EUR
de 39.426,01 à 49.211,59 EUR 1.485,68 EUR 1. 480, 00 EUR
dès 49.211,60 EUR 1.910,16 EUR 1.910,00 EUR

En dessous de 19.000 euros nets par an, les personnes ne devront donc plus payer de  ticket modérateur dès qu’elles atteindront 300 euros de dépenses par an.

En ce qui concerne les maladies chroniques, Défi souhaite ramener le plafond à 150,00 € pour les revenus les plus faibles ( en -dessous de 19.003,89 €). Pour les autres tranches de revenus, la réglementation actuelle resterait inchangée, à savoir : Le plafond est diminué de 100 EUR pour une année x si :

  • soit le total des parts des frais à charge (tickets modérateurs) d’un des membres du ménage s’élevait à 450 EUR (montant indexé)  au moins, par an, au cours des 2 années calendrier précédentes
  • soit un membre du ménage bénéficie du « statut affection chronique » pendant cette année x.

 

  • Développer une offre de soins et services à domicile suffisante, efficace et accessible, notamment grâce à une assurance dépendance. Privilégier le maintien du patient à domicile n’est pas une mesure budgétaire. C’est surtout la solution la plus appréciée du patient.  Certes, c’est souvent la solution la moins coûteuse, mais les économies qu’elle permet de réaliser dans le budget “Hospitalisation” doivent être réinvesties dans les soins à domicile.

 

  • Modifier certaines habitudes de prescription et de consommation, notamment par la vente de médicaments à l’unité ou le service de visiteurs médicaux indépendants.

 

  • Octroyer un statut social spécifique à l’aidant proche avec maintien des droits à la sécurité sociale durant toute la période de soins et prestations valorisées, notamment pour l’ouverture du droit à la pension.

 

  • Garantir un revenu propre à la personne en situation de handicap. C’est un droit individuel qui ne peut être subordonné aux revenus des parents ou du conjoint. Son montant doit être calculé sur la base du degré de handicap et des besoins spécifiques de la personne. Ce revenu propre, sous forme d’allocation unique, doit être complété par la garantie d’accès à des prestations d’assistance (budget d’assistance personnelle). Il ne s’agit pas là  d’un revenu supplémentaire pour la personne en situation de handicap, mais de la prise en charge de dépenses de prestations qui doivent être justifiées.

En savoir plus ? Allez voir notre programme !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion /  Changer )

Google photo

You are commenting using your Google account. Déconnexion /  Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.